Tel le groupe de rock le plus dangereux des années 1980, la série « Poupée russe» nous propose de plonger dans l’univers de personnalités étranges, aux frontières de l’irréel, de la psyché et de la drogue.

Nadia Vulvokov ( incarnée par Natasha Lyonne ) est une trentenaire avec un job (elle est designer de jeux vidéos), un chat (Oatmeal) et une consommation de toxiques préoccupante (alcool, cannabis, cocaïne …). Alors que défoncée le soir de son anniversaire, elle se met en tête d’aller chercher son chat, elle se fait percuter par une voiture et meurt.

Elle réapparaît alors instantanément quelques heures plus tôt dans les toilettes du loft de ses amies, qui lui avaient organisé sa soirée d’anniversaire.  Rêve ? Réalité ? Bad trip avec cette nouvelle coke israélienne si spéciale ? Nadia se rend vite compte d’une chose : elle est coincée dans une sorte de boucle temporelle qui lui fait vivre cette soirée, puis la matinée avant de mourir, inlassablement, pour retourner dans ces putains de toilettes décorées sauce new-age.

« Poupée russe » est une série d’une saison, découpée en 8 épisodes, de format court (20 minutes). Le rythme est bon, ça s’enchaîne, ça ne traîne pas. L’actrice balance des punchlines véloces à chaque réplique et l’humour y est fin et référencé.

Sans trop vous dévoiler l’intrigue, il faut savoir que la mère de Nadia souffre de schizophrénie. Un truc du genre schizo-affective j’imagine, à en voir  les souvenirs de Nadia à propos de sa mère la présentent tantôt exaltée, tantôt en crise clastique, tantôt dépressive. Les scènes sont justes, même celle où sa mère, dictée par l’absurde, force le vendeur du petit shop à remplir sa voiture de pastèques. Le jeu de l’actrice incarnant la maman malade est particulièrement vrai  tant la violence froide et intérieure de la scission de la pensée y est bien dévoilée.

D’une manière générale, les névroses, la dépression et le suicide sont traités d’une manière honnête, et même si la résolution semble rapide (on n’est que sur 8 épisodes de 20 minutes, ils n’ont pas pu montrer une thérapie entière), le scénario ne se tourne pas vers un moralisme dégoulinant de bonne volonté, mais plutôt vers une réflexion sur l’entraide, le travail sur soi, et la nécessité à un moment de sa vie d’arriver à demander de l’aide.

« Poupée russe », c’est la série à voir, et c’est sur Netflix.

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