Comme un air de fin du monde, d’Idiocratie indécrottable. L’économie capitaliste affamée de ressources naturelles et humaines s’approche dangereusement du précipice. Dans sa posture suicidaire elle n’a jamais été aussi proche de tomber dans le vide et d’entraîner avec elle les peuples, certes, mais également le vivant dans son ensemble.

Consommer est un besoin naturel.
De ce postulat injurieux nous sommes devenus, avec le temps, un assemblage de moutons individualistes ne pensant qu’à remplir nos cocons pollués d’objets polluants. Peu importe si ils ont été fabriqués à l’autre bout du monde, en série, dans des conditions abominables et qu’ils n’en finiront plus de nous rendre malades et de saccager notre planète. Peu importe qu’il eut fallut faire souffrir des êtres vivants, humains ou animaux pour obtenir le produit fini tant désiré. Cet objet nous le voulons et nous l’aurons que cela dépasse l’entendement ou pas. Rien à foutre, pas concernés, pas vu, pas au courant. Mon cul. Tout le monde sait. Et beaucoup font encore comme si de rien n’était. Satisfaire son instinct consumériste prime sur l’avenir des populations et des écosystèmes.

Une auto-critique humaine autant qu’un constat.
Un constat qui remonte à des décennies en arrière et dont la réalité continue à nous entraîner vers ce qui semble être annoncé comme la catastrophe définitive de demain. La crainte d’une fin finalement plus probable que prévue se répand et fait naître alors ce qui ne ressemble, à l’échelle humaine et planétaire, qu’à de vagues sursauts pathétiques.

Les ressources naturelles continuent à être des enjeux géopolitiques de premier plan. La menace de guerres pour contrôler les dernières miettes avant l’extinction n’ont jamais été aussi fortes. Il semble que l’humain n’ait rien compris. Ou en tout cas qu’il ait oublié. Oublié qu’il n’est rien ou pas grand chose, que l’argent n’est qu’une vue de l’esprit. Car oui, l’humain a cette capacité à partager dans l’esprit des individus qui composent son espèce des concepts abstraits, ne concernant que lui, au point d’en faire une réalité cruelle, délétère et excluante pour toute une planète.

Au cœur de la folie
L’argent impactant jusque sur le domaine de la santé, les urgentistes, les aide soignantes en gériatrie et les infirmiers psy n’en finissent plus d’être en grève. Ils crient leur désespoir, leur incapacité à soigner et protéger dans ces conditions honteuses. Mais notre société reste sourde alors que cela concerne chacun d’entre nous. Pire encore, les soignants se mettant massivement en arrêt maladie, afin de contourner le système de réquisition en cas de grèves, sont remplacés abusivement par des infirmières, alors en repos, réquisitionnées à leur tour par les forces de l’ordre venant les chercher jusqu’à leur domicile. Le boulot ou la prison!

Ces sujets pourraient être l’occasion de nous unir et de descendre par flots entiers dans les rues pour exiger un service de santé digne et de qualité autant qu’un air pur. Mais la santé n’est même pas honorée des sursauts pathétiques dont l’écologie bénéficie (#ironie).

Les soignants frappés de désespoir.
Leur solitude face à des enjeux bien réels, pour aujourd’hui et demain n’est que le reflet de ce qui se passe à l’échelle d’une civilisation. Il devient extrêmement difficile d’alerter, de mobiliser et de créer cet élan d’indignation, de colère qui pourtant devient essentiel. L’étincelle de la révolte brille par son absence. En France, le mouvement polymorphe et morcelé des gilets jaunes se dissout peu à peu dans son propre nombrilisme. Mais il a tout de même ouvert une voie en disant “si on veut le faire, voila comment ça pourrait commencer”.

Durcir le mouvement.
Alors voici venu le temps où les anciens soignants gnangnans, trop mignons avec leurs gants gonflés pour faire des ballons et leurs slogans rigolos pensent à leur tour à entrer en lutte. La vraie, la dure, la radicalisée. Voila où en sont aujourd’hui les soignants. Grèves de la faim, blocus, campements nuit et jour devant les hôpitaux… Mais rien n’y fait! Alors la clameur laisse entendre que bientôt la colère et le désespoir éclateront dans les rues. Les blouses blanches aux côtés des sans dents face au mépris des institutions et des dirigeants. Le temps des mots est terminé. L’époque a besoin d’actes. Quand les soignants utiliseront la force et la violence pour se faire entendre est-ce que la France s’éveillera?

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